Résumé Saison 2010 – 2011 Sénior

Que dire de cette saison ? Comment la résumer ? Quels mots peut-on poser pour décrire ce que nous avons vécu cette année ? Voilà un exercice pas facile et qui peut paraître osé !!! On pourra sûrement qualifier cette saison de « formidable », certains iront même jusqu’à dire « historique », mais je préfère la décrire comme « naturelle ».

Ce n’est pas galvauder une finale Île-de-France, un quart de final de championnat de France et une accession en Fédérale 3 que de décrire cette année comme « naturelle ».

Bien au contraire, c’est lui rendre hommage !  Car ce n’est que « naturel » pour une équipe comme Sucy d’avoir eu un tel parcours. Qu’avons-nous fait de plus cette année pour mériter de vivre cette magnifique expérience, quels sacrifices ? Nous sommes nous astreints à une hygiène de vie de pénitent, avons-nous acquis des physiques de Sud-Africains sous testostérone, l’assiduité aux entraînements a-t-elle fait la différence ? Non !!! Bien sur que non !!! Ici, c’est le RC Sucy !!! La nature des « Rouges et Bleus » n’a pas été bousculée…. Alors par quel prodige avons-nous réussi ce parcours ? Et bien, comme je l’ai dit, de façon naturelle. On dit que dans un couple ce qui compte c’est l’autre ; et bien au rugby ce qui compte ce sont les 14 autres (auxquels se rajoutent remplaçants et effectif réserve bien entendu). Nous avions dû perdre ce qui faisait l’essence même de l’esprit du club, ce qui nous rendait infranchissable et qui nous a permis de soulever des montagnes cette saison : l’amour de jouer ensemble. Avions-nous besoin de nous faire peur en gagnant d’un petit point face à Rambouillet à domicile, avions-nous besoin de souffrir dans notre chair, dans des conditions dantesques, à Yerres pour remporter la victoire ? Oui sûrement !!! Sûrement, car c’est dans notre « nature ».  Cette même « nature » qui nous rappela à l’ordre lors de la défaite contre Mantes alors même que nous menions plus que largement à la mi-temps : le sucycien ne peut s’épanouir que dans la difficulté, et s’effondrer dans la facilité. La qualification en poule de play-off nous assurant le maintien, objectif minimal de la saison, il était imaginable que le « naturel » sucycien vienne écourter cette aventure. Il n’en fut rien !!! La cause ? L’adversité, l’orgueil, la colère, tous ces maux qui ancrés en chaque sucycien le poussent à la solidarité, à l’abnégation et au surpassement. Yerres a été le fil conducteur de ce déclic, la mèche qui enflamma cette saison. Nos meilleurs ennemis furent l’outil indispensable à la construction de cette saison et en firent les frais en repartant Fanny à deux reprises face à l’ogre sucycien en poule de play-off (0-7 et 23-0). Quel plaisir !!! Enfin les « Rouges et Bleus » ont su offrir, sur le terrain d’honneur du Parc des Sports, un spectacle digne de leur public. Enfin nous pouvions regarder fièrement les sourires illuminer les visages de nos supporteurs. Quelle joie !!!

La qualification pour le championnat de France en poche, que nous restait-il pour nous motiver ? Une accession en Fédérale 3 ? Et pourquoi pas ? Pourquoi pas nous ? Pourquoi pas cette année ? N’avons-nous pas su montrer que nous en étions dignes ? Il fallait sûrement nous le prouver à nous même à défaut de pouvoir en convaincre les autres. Tous ces autres qui voient en Sucy un club de jeunes fêtards, plus adeptes de la picole que du sprint tracté, amateurs de barbecues et réfractaire aux pompes/abdos… Ces autres qui après chaque match murmuraient tout bas que cette dynamique sucycienne n’était qu’un feu de paille. Quelle réponse allait-on leur donner ? La plus belle des réponses, celle du terrain, pas le notre mais celui d’Aulnay. Une victoire qui sonna comme un tournant dans l’esprit de beaucoup d’entre-nous. Une victoire qui marquera la saison 2011-2012 au fer rouge, car nous venions de nous condamner à l’exigence de la Fédérale 3.

Une victoire qui nous récompensa du plaisir de jouer une finale Ile-de-France. Conclure cette saison régionale par une finale, tout le monde y pense lors de la reprise en septembre, mais seuls deux clubs y jouent. Mais comme vous le savez sûrement, une finale ça ne se joue pas, ça se gagne !!! Beaucoup de choses ont déjà été écrites ou dites sur cette finale. Je ne vais pas y revenir. Je vais seulement évoquer mon sentiment personnel, enclin de déceptions et de regrets. Des regrets de ne pas avoir été à la hauteur de nos supporteurs, venus en nombre, mais surtout de ne pas avoir été à la hauteur des mes coéquipiers… Heureusement le championnat de France est là pour nous mettre du baume au cœur, pour nous permettre de prolonger ce plaisir de jouer ensemble. Les déplacements en car nous donne la mesure de ce que nous allons vivre la saison prochaine et les repas frugaux nous donnent la mesure de notre future hygiène alimentaire (crudité et pattes à tous les repas…). Chinon en point de départ de l’odyssée, il nous resta plus qu’à ajouter une petite touche sucycienne à ce match. Tymar s’en chargea d’une pénalité, de plus de 45 mètres à la trajectoire des plus improbables, à la dernière minute du match et synonyme de 16ème de finale. Rendez-vous donc à St Florent sur Cher pour se frotter aux Auvergnats de Brioude…. Sous un soleil de plomb, l’équipe resta concentrée de bout en bout du match, témoignant ainsi d’une maturité insoupçonnée jusqu’à présent. Alors que les Auvergnats se rendirent coupables de quelques gestes déplacés sur le terrain (les fourchettes ne servent pas qu’aux repas dans cette région), l’équipe su faire preuve de solidarité et plia sous les coups s’en jamais rompre ou répondre. Et comme souvent cette année, la récompense fut à la hauteur des sacrifices : en route pour les 8ème de finale. Direction la Bourgogne pour y affronter Tournon-Tain. Le traversé des vignes en car fut prometteuse d’une 3ème mi-temps d’anthologie… Cependant, un match restait à jouer ! Allions-nous digérer ces heures de cars, allions-nous être rattrapés par ce « naturel » sucycien qui nous fait déjouer quand la routine et la facilité commence à pointer le bout de son nez ? Pas aujourd’hui, pas si proche de l’exploit ! Un discours bien senti sur notre défaite en finale régionale a sûrement palier l’absence de coach Olive lors de ce déplacement. Ce discours nous rappela pour quoi nous étions ici, tous réuni dans ce sombre vestiaire à attendre l’appel du pré, pour qui allions nous encore une fois souffrir des chocs, des impacts et de la chaleur. Cette abnégation qui nous a guidée jusque là va encore trouver son expression dans le match livré. Cette abnégation va de nouveau nous permettre de toucher un peu plus du bout du doigt l’exploit tant espéré. Jusqu’au bout de Soi pour l’autre, c’est ainsi que s’est construit cette victoire. Un quart de finale…. Oui, nous y sommes… Dès l’annonce parue sur internet, tous les regards se tournent sur l’écrin qui sera le terrain de cette rencontre : Le stade Henri Desgrange à La Roche sur Yon. Un stade de 7000 places, une pelouse digne des plus beaux greens de golf…… Mais une équipe de Capbreton qui nous y attendait de pied ferme !!! Que dire de ce match ? Je dois bien avouer que je ne sais trop… Étions-nous crispés par l’événement ? Peut-être un peu. Sommes-nous tombés sur une équipe plus forte ? Certains semblent penser que oui. Avons-nous commis trop d’erreurs ? C’est certains… Deux erreurs de plaquages pour deux essais à la clé… Ça y est, nous y sommes… Nous l’avons atteint ce niveau… Ce niveau où la moindre erreur se paie… et se paie cash !!! Un avant goût de ce qui nous attend en Fédérale 3, des matchs qui semblent être à notre porté et qui se finissent par une lourde défaite… Des matchs où l’on voit la ligne d’en-but si proche sans jamais la passer… Des matchs où l’on cherche toujours les raisons de son échec alors que l’on se sentait si proche de la victoire… Mais ce jour là, la victoire fut belle et bien pour Capbreton et les larmes pour Sucy. Malgré tout, et pour ne pas finir sur cette note de tristesse, il est une chose où Sucy ne s’est jamais laissée prendre au dépourvu… C’est la 3ème mi-temps. Et oui chers amis, cette mi-temps là, jamais personne n’a pu, ni même espérer, nous l’enlever. Le club-house de Fleury les Abrais… On l’a fermé. Le club-house de St Florent… On l’a fermé !!! Le club-house de Chagny… On l’a fermé (de toutes façons, ils n’avaient plus rien à boire ; décevants ces Bourguignons) !!! Le club-house de la Roche sur Yon… On l’a fermé aussi !!! La compagnie de car Top-Evasion… On est tricard !!!

Voila, une page s’est tournée et une autre ne va tarder à s’ouvrir. Cette page est encore vierge et ce sera à nous de la remplir ; de la remplir d’amour, de joie, de déception parfois, peut-être de douleur, mais très certainement de sacrifices….. Certains d’entre nous ne serons pas là pour la vivre, et je sais qu’ils en sont d’ores et déjà triste. D’autres seront de retour, galvanisés j’en suis sûr par l’exploit de cette année, et apporteront un souffle salvateur au club. D’autres encore voient, en cette saison à venir, un épilogue à une carrière rugbystique déjà bien remplie et la plus belle des façons de tirer sa révérence. Quoi qu’il en soit et quels que soient les acteurs, je me plais à espérer que cette « nature » sucycienne nous portera encore vers de nouveaux « moments de satisfaction collective » comme se plaît à dire Olivier.

Merci à Pti Nico pour ce récit si bien rédigé !!